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Cœur, hydroxychloroquine et coronavirus

L’étude du Pr Raoult a été mise le ligne le 20 mars

Le débat sur l’utilisation de deux dérivés de la quinine, le sulfate de chloroquine (Nivaquine) et le sulfate d’hydroxychloroquine (Plaquenil), dans le traitement du coronavirus divise la France, ses citoyens, ses politiques et ses médecins et a même fait naître des théories complotistes.

Historique

Il s’agit de médicaments contre le paludisme. Le premier, découvert en 1934, a été mis sur le marché français en 1947 et le second en 1960. Ce dernier est également utilisé dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du lupus érythémateux.

Effets antiviraux de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine

Les éventuels effets antiviraux de cette classe de médicaments ont été évalués depuis les années 1990 (virus du Sida, puis autres virus tels que le SARS-1 et celui d’Ebola). Ces recherches ont pu montrer des effets bénéfiques in vitro ou chez la souris, mais n’ont pas été concluants chez l’homme.

Concernant le Covid-19, des études ont été publiées début 2020 en Chine (Université de Fudan) et en France (équipe du Pr Raoult à Marseille qui utilisé l’hydroxychloroquine seule ou en association avec un antibiotique, l’azithromycine). Elles ont porté sur de petits effectifs de malades (29 dont 14 traités dans la première et 20 traités dans la seconde) et la méthodologie de ces études a été critiquée par les milieux scientifiques.

Plusieurs études sont actuellement en cours, notamment en Europe et aux Etats Unis.

Un essai clinique multicentrique randomisé « Discovery » a débuté le 22 mars. Mené auprès de plus de 3.000 patients hospitalisés avec des signes respiratoires, en particulier une pneumonie, dont 800 en France.

Coordonné par l’Inserm, il va tester l’efficacité de quatre stratégies thérapeutiques :

  • le remdesivir (antiviral conçu initialement pour le virus Ebola),
  • L’association de lopinavir et de ritonavir, antiviraux utilisés habituellement pour le VIH,
  • une association de ces antiviraux à l’interféron bêta,
  • de l’hydroxychloroquine (elle a été ajoutée à l’essai à la demande de l’OMS et de l’État français).

Pour le moment, cinq hôpitaux français sont concernés : Bichat à Paris et les CHU de Lille, Nantes, Strasbourg et Lyon. La première évaluation clinique aura lieu au 15e jour.

Le Pr Florence Adler de Lyon qui coordonne cet essai a indiqué il y a quelques jours au Quotidien du Médecin (édition du 24 mars), que « Le but est de sélectionner les meilleures molécules pour les mettre à disposition des patients le plus rapidement possible. Notre essai est en temps réel et adaptatif. Quand une molécule montrera trop peu d’efficacité, elle pourra être abandonnée et nous pourrons basculer potentiellement sur d’autres molécules candidates ».

Risques cardiologiques  de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine

ECG normal avec les intervalles PR et QT

L’utilisation de ces médicaments expose essentiellement à des troubles électro-cardiographique avec un allongement des intervalles PR, de la durée du complexe QRS et surtout de l’intervalle QT (voir illustrations ci dessus et ci dessous).

Un QT allongé expose à un risque d’arythmies cardiaques graves, voire mortelles.

Ceci se voit surtout chez les patients présentant certains facteurs de risque : sexe féminin, âge de 65 ans ou plus, maladie cardiaque (ischémie myocardique, infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque congestive, myocardiopathie, troubles de la conduction cardiaque, antécédents d’arythmie, fréquence cardiaque inférieure à 50 par minute).

Electrocardiogrammes avec intervalle QT normal et avec QT long

Les anomalies du rythme observées sont :

  • des blocs auriculo-ventriculaires (troubles de la conduction de l’influx électrique entre les oreillettes et les ventricules, pouvant entraîner un ralentissement extrême de la fréquence cardiaque et des syncopes),
  • une fibrillation auriculaire,
  • des arythmies ventriculaires, dont des torsades de pointe, pouvant dégénérer en fibrillation ventriculaire (principale cause des arrêts cardiaques).

Un allongement du QT peut être favorisé par l’association avec de nombreux autres médicaments (par exemple : amiodarone, sotalol, certains antibiotiques comme l’azithromycine). De plus certaines personnes sont porteuses d’un QT long congénital.

Ces troubles du rythme ventriculaires s’observent surtout en cas d’hypokaliémie (manque de potassium) pouvant être liée à des vomissements, à une diarrhée, à la prise de réglisse ou un traitement par diurétique.

Communiqué de la Société Française de cardiologie

Publié le 24 mars, il précise qu’afin de « faire bénéficier le plus grand nombre de patients, dans les délais les plus courts » il faut « que les résultats de ces essais puissent être interprétés, car répondant à une méthodologie rigoureuse et stricte« .

Concernant l’utilisation de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine, il indique que « la publication récente de l’équipe marseillaise ouvre une piste thérapeutique intéressante, mais les données actuelles, très préliminaires, sont difficiles à interpréter, compte-tenu de la taille de l’échantillon, et surtout de l’absence de données sur l’évolution clinique ou la mortalité, et de l’absence de confirmation indépendante des résultats observés »

De plus, il « attire l’attention de la communauté médicale, et cardiologique en particulier, sur les points suivants.

Une utilisation non conforme (hors Autorisation de Mise sur le Marché) de cette molécule n’est pas sans danger potentiel car

  • La chloroquine ou l’hydroxychloroquine, associée à l’azithromycine, augmente le risque d’allongement de QT et donc de torsades de pointes, 
  • Elle risquerait d’interférer avec les essais randomisés, contrôlés, testant l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans le COVID+ et qui devraient permettre de disposer d’une réponse rapide, basée sur des données scientifiques indiscutables ;
  • Elle risquerait d’entraîner une pénurie dans la disponibilité de l’hydroxychloroquine pour les patients traités au long cours dans un contexte de maladies inflammatoires sévères, et dans lesquelles cette thérapeutique est essentielle ;
  • Elle risquerait de susciter des espoirs encore non fondés et même un ressentiment des patients ou des familles de patients qui n’auraient pas reçu ce traitement, puisque annoncé comme efficace, alors même que nous manquons à ce jour de preuve formelle« .

En résumé

L’objectif des études actuellement en cours chez les patients présentant des signes respiratoires est de répondre aux questions que l’on se pose sur le traitement médicamenteux la chloroquine ou l’hydroxychloroquine.

  • La chloroquine ou l’hydroxychloroquine sont-elles utiles, c’est-à-dire efficaces vis à vis de l’infection liée au coronavirus ?
  • La chloroquine ou l’hydroxychloroquine sont-elles au contraire dangereuses pour les patients ? C’est-à-dire entraînent-elles des complications, voire une surmortalité dans le groupe traité par rapport au groupe placebo (celui ne reçoit pas de chloroquine ou d’hydroxychloroquine)?
  • Qu’en est-il des autres traitements proposés (antiviraux et l’interféron bêta)?

Des réponses devraient être apportées à ces questions dans les semaines qui viennent.

 

Mise à jour du 30 mars à 21 h 20 : une vidéo du journal le Monde mise en ligne le 28 mars explique comment les médicaments sont mis sur le marché ainsi que les limites de l’étude marseillaise : https://www.lemonde.fr/sante/video/2020/03/28/hydroxychloroquine-pourquoi-l-etude-du-professeur-raoult-ne-suffit-pas_6034746_1651302.html

Mise à jour du 31 mars à 9 h 30

  • Communiqué des Académies nationales de Médecine et de Pharmacie : Chloroquine-Communiqué-Académies de Médecine et Pharmacie-20.3.26
  • Plusieurs hospitalisations en réanimation pour des complications cardiaques graves ont été rapportées par l’Agence Régionale d’Aquitaine suite à la prise d’hydroxychloroquine. Cette dernière ne doit pas être prise hors milieu hospitalier et sans contrôles réguliers de l’électrocardiogramme.

hypertension et coronavirus

La journaliste Héléna Carrère d’Encausse et le Pr Gérad Helft

Vous souhaitez en savoir plus sur l’hypertension dans le contexte actuel du coronavirus ?

Rendez-vous demain, vendredi 27 mars, dans l’émission de Marina Carrère d’Encausse AlloDocteurs sur France 5 à 14 h 40.

A cette occasion, le Professeur Gérard Helft, cardiologue à l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière, ambassadeur et membre du Conseil d’Administration de la Fédération Française de Cardiologie (FFC) interviendra sur le sujet.

Vous pouvez dores et déjà poser vos questions sur le site de l’émission : https://www.allodocteurs.fr/emissions/allo-docteurs/allo-docteurs-du-24-03-2020_27662.html

Tous à vos écrans !!

Vous n’êtes pas disponible à ce moment là ?
Le lien de la rediffusion de l’émission sera disponible sur la page facebook de la FFC : https://www.facebook.com/fedecardio

Bon visionnage et prenez soin de vous,

Coronavirus : les recommandations de la Fédération Française de Cardiologie.

Voici le communiqué publié ce jour par la Fédération Française de Cardiologie (FFC). Il complète notre article du 23 mars : https://coeuretsante.deodatie.fr/2020/03/23/coeur-et-coronavirus/

Le coronavirus Covid-19 inquiète légitimement l’ensemble de la population et plus particulièrement les personnes souffrant de maladies cardio-vasculaires ainsi que leurs proches. Vous retrouverez ici des réponses aux questions spécifiques aux personnes cardiaques, des informations et conseils pour aborder sereinement cette période de confinement.

Les questions spécifiques sur le covid-19 et les mesures à adopter face à la pandémie

  • Concernant toutes les questions relatives au virus et aux gestes à adopter, le gouvernement a mis en place une page web dédiée. Cette page apporte des informations sur les gestes barrières à adopter, la transmission du virus, les symptômes, le délai d’incubation de la maladie, le port du masque… Retrouvez la page dédiée sur le site du gouvernement : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus
  • Attention, les informations communiquées évoluent quotidiennement. N’hésitez pas à la consulter régulièrement ou à vous abonner aux notifications.

Personnes fragiles ou souffrant d’une maladie chronique, les réponses à vos questions

J’ai une maladie chronique et un traitement de fond, puis-je renouveler mon ordonnance périmée directement chez mon pharmacien ?

Oui. Afin d’éviter toute interruption de traitement préjudiciable à la santé du patient, un décret publié le 15 mars autorise les officines à accepter les ordonnances expirées en cas de maladie chronique.

Qui sont les personnes à risque ?

  • Les patients aux antécédents cardio-vasculaires font partie des personnes à risques (hypertension, patients ayant eu un AVC, un infarctus du myocarde, une coronaropathie, une chirurgie cardiaque).
  • Les patients diabétiques insulinodépendants ou présentant des complications secondaires à leur pathologie (micro ou macro angiopathie).
  • Comme pour beaucoup de maladies infectieuses, les personnes souffrant de maladies chroniques (hypertension, diabète), les personnes âgées (plus de 70 ans), immunodéprimées ou fragiles présentent un risque plus élevé.
  • Pour retrouver la liste complète des personnes considérées comme à risque, rendez-vous sur le site du gouvernement : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

Adulte ou enfant ayant une malformation cardiaque réparée, suis-je plus à risque ?

  • Il n’y a aucun sur-risque pour vous. Nous vous recommandons de suivre les mesures nationales appliquées à la population.
  • Pour les patients stables, reportez vos consultations au-delà du 1er juin, en accord avec votre spécialiste référent.

Insuffisant cardiaque et assisté de longue durée ou transplanté du cœur, comment réagir ?

  • Respectez les gestes barrières qui sont les mêmes pour tous, limitez vos déplacements et vos rencontres et surtout continuez votre traitement de fond.
  • Vous êtes stables ? Votre praticien va surement vous proposer de reporter votre rendez-vous de quelques semaine/mois ou de le faire par télécardiologie, ne vous inquiétez pas, c’est préférable pour vous.
  • En cas d’aggravation : les hôpitaux se sont organisés pour accueillir les soins cardiaques urgents.

Je suis traité au long cours avec de aspirine, que faire ?

  • Pour les patients ayant des antécédents d’infarctus du myocarde, d’angine de poitrine, d’angioplastie coronaire avec pose d’un stent, de pontage coronaire ou d’AVC et traités par aspirine à faible dose au long cours. Il faut poursuivre votre traitement par aspirine (risque de récidive d’infarctus du myocarde ou d’AVC).
  • Seules les fortes doses d’aspirine ont un effet anti-inflammatoire et doivent être arrêtées.

Je souffre d’apnée du sommeil ?

Nous vous invitons à lire le communiqué commun de la Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil de la Société de Pneumologie de Langue Française et de la Fédération Française de Pneumologie : Apnées du sommeil et COVID_SFRMS_SPLF_FFP (6)

Je suis diabétique, comment réagir ?

Nous vous invitons à lire le point d’information de la Fédération Française des Diabétiques : https://www.federationdesdiabetiques.org/federation/actualites/coronavirus-point-dinformation-au-17-mars-2020

Dans tous les autres cas

Respectez les mesures mises en place par le gouvernement et les gestes barrières, limitez au maximum vos déplacements.

Vous avez des questions sur les arrêts de travail ?

Concernant toutes les questions relatives aux arrêts de travail, nous vous invitons à lire le communiqué de presse de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie : https://www.ameli.fr/espace-presse/communiques-et-dossiers-de-presse/les-derniers-communiques-de-la-caisse-nationale/detail-d-un-communique/3871.php

Quelques ressources pour continuer à manger équilibré, à faire de l’activité physique, se libérer du stress durant la période de confinement

Vous ne présentez aucun symptôme, pas de fièvre et vous vous estimez assez en forme pour faire un peu d’activité physique ?

Le Ministère des Sports vous propose des solutions pour faire de l’activité chez vous : http://www.sports.gouv.fr/accueil-du-site/actualites/article/avec-le-ministere-des-sports-faire-du-sport-chez-soi-c-est-facile

La FFC vous propose des idées de recettes équilibrées

Vous cherchez de recettes saines et gourmandes validées par nos diététiciennes-nutritionnistes.

Vous cherchez à vous relaxer ?

Plus d’infos ?

Parler du coronavirus aux enfants

Illustration du document de la Société Française de Cardiologie

Nous reprenons ici un document mis en ligne le 20 mars par la filiale de cardiologie pédiatrique de la Société Française de Cardiologie intitulé « Quelques conseils pour aborder le coronavirus avec les enfants ».

Les mesures de prévention relatives au coronavirus se font de plus en plus drastiques et pour les enfants, témoins de la situation inhabituelle et eux-mêmes impactés par la fermeture des écoles, le sujet peut devenir source d’angoisse. Comment les rassurer, sans leur mentir ?

L’actualité marquée par l’épidémie de coronavirus, bien qu’elle puisse être anxiogène peut être abordée avec les enfants (si vous sentez qu’ils en ont besoin). En effet, le fait de ne pas en parler peut engendrer l’inverse de l’effet escompté : au lieu de protéger les enfants en omettant de parler du coronavirus, le risque est que ceux-ci en aient d’autant plus peur.

!!!! Pour les jeunes enfants, il n’est donc pas forcément nécessaire ni souhaitable d’entrer dans les détails, ni même d’aborder le sujet si l’enfant n’en parle pas lui-même. Cela risquerait de lui créer des peurs qu’il n’avait pas forcément auparavant.

Si vous sentez que votre enfant a besoin d’en discuter, je vous conseille de leur dire les choses le plus simplement du monde avec les mots justes.

Pour vous aider, voici une proposition qui vous peut vous guider, si vous en avez besoin.

1 – Jauger leur état d’anxiété

La première chose à faire, lorsque l’on veut informer un enfant, est toujours de lui demander ce qu’il sait déjà, ou ce qu’il imagine, de façon à partir de là où il en est ; c’est très important.

Ensuite, il faut que les parents se rassurent : pour parler à un enfant, il n’y a pas de « bons mots». Chaque parent parle comme il le peut, avec les mots qui lui viennent.

« Par exemple, si un enfant de 7 ou 8 ans vous demande si le virus est dangereux, vous pouvez commencer par lui retourner la question : pense-t-il, lui, que c’est un virus dangereux ? Qu’est-ce qui lui fait dire cela ? Cela permettra de mieux adapter la réponse. »

2 – Expliquer clairement les choses sur le COVID-19

Mais aussi :

Expliquer ce qu’il est (une toute petite particule, invisible à l’œil nu, qui se colle aux objets et aux gens et peut se multiplier très vite).

Expliquer ce qu’il peut faire (rendre malades certaines personnes quand il se regroupe en trop grande quantité dans leur corps).

Expliquer ce qu’il ne peut pas faire (rendre malade ou tuer tout le monde, rester pour toujours collé quelque part, s’attaquer aux animaux…).

Pourquoi il inquiète les adultes (parce que quand beaucoup de gens sont malades d’un coup, la société fonctionne moins bien et les médecins et infirmières ont trop de travail dans les hôpitaux, mais aussi parce que certaines personnes, âgées ou déjà malades de quelque chose d’autre, peuvent parfois devenir très malades à cause du coronavirus)).

Pourquoi il faut se protéger (parce que plus vite on aura trouvé des solutions pour empêcher le virus de se coller à de nouvelles personnes, plus vite il disparaîtra et plus vite on reprendra une vie normale).

Pensez, bien-sûr, à adapter le niveau de votre discours en fonction de l’âge de votre enfant, comme vous le feriez pour parler d’autres sujets en entrant plus ou moins dans les détails selon sa capacité́ de compréhension.

3 – Les rassurer

Les enfants sont des éponges à émotions : ce qui les inquiète souvent, ce sont les émotions qu’ils perçoivent chez les plus grands et notamment chez leurs parents. Les adultes doivent donc essayer autant que faire se peut de filtrer leur propre anxiété, de ne pas la communiquer en présence de leurs enfants, ou de se faire accompagner pour décharger ces émotions si elles sont trop présentes.

4 – Leur dire que c’est temporaire

Enfin, il est important de jauger l’échelle du temps à hauteur d’enfant. Plusieurs semaines sans école, quand on a 4, 6 ou 7 ou 10  ans, c’est la vie qui prend un tournant inattendu, ça parait durer toujours… Expliquer que ces mesures sont temporaires, leur donner une finalité (même si l’on ne connait pas encore le calendrier exact), c’est aussi mieux les appréhender.

N’hésitez pas non plus à justifier l’évolution des mesures : si les adultes ont décidé d’interdire beaucoup de choses d’un coup, c’est pour arrêter plus vite le virus et pour que tout le monde puisse reprendre une vie normale le plus rapidement possible.

Si, malgré vos efforts, l’anxiété de votre enfant persiste ou devient trop intense, n’hésitez pas à consulter. Nombreux sont les psychologues qui peuvent échanger et recevoir les enfants via Skype (ou autre moyen de Visio) pour des entretiens individuels.

Retrouvez le document réalisé par Laurence Pages, Psychologue Clinicienne, PhD, Unité de Recherche Clinique et Epidémiologie, Département d’Information Médicale, Unité de Cardiologie Pédiatrique et Congénitale, CHU de Montpellier : 2020-03-19-Recommandation-FCPC-aborder-Covid-19-avec-enfants (1)

Source: Société Française de Cardiologie

Le document propose des outils pédagogiques

Cœur et coronavirus

Image de coronavirus

Avertissement : les informations suivantes sous susceptibles d’évoluer en fonction des connaissances sur cette nouvelle maladie. Cet article a été rédigé le 21 mars à partir d’une interview d’un chercheur-cardiologue de l’hôpital Georges Pompidou à Paris mise en ligne le vendredi 20 mars.

Découvert en décembre dernier à Wuhan, le coronavirus SARS-CoV-2 est surtout connu pour entraîner un Syndrome Respiratoire Aigu Sévère ou SRAS (*).

Mais il est aussi responsable d’autres manifestations notamment cardiovasculaires et rénales.

Beaucoup d’informations pas toujours vraies circulent à ce sujet et certaines pourraient conduire à des arrêts de traitements avec des conséquences délétères.

Complications cardiovasculaires de infection au coronavirus

L’infection à coronavirus peut entraîner des déstabilisations de pathologies cardiovasculaires préexistantes :

  • décompensation cardiaque,
  • poussée hypertensives,
  • atteinte myocardique.

Une décompensation cardiaque peut être la conséquence de l’atteinte respiratoire qui entraîne une baisse de l’oxygénation du myocarde ou celle d’une poussée tensionnelle.

L’hypertension artérielle, est retrouvée fréquemment chez les patients infectés par le coronavirus, mais elle n’est pas forcement liée à l’infection, mais au fait que les personnes atteintes sont plutôt âgées et que dans cette population il y a beaucoup d’hypertendus.

L’atteinte myocardique peut être de deux types principaux : soit il s’agit d’une atteinte directe du virus sur le muscle cardiaque (myocardite), soit il s’agit d’un syndrome coronarien aigu (infarctus).

Ce dernier peut être la conséquence d’une « déstabilisation » d’une plaque d’athérome au niveau d’une artère coronaire entraînant la formation d’un caillot qui va obstruer le vaisseau, ou d’un arrêt malencontreux d’un traitement par aspirine (médicament prescrit pour éviter la formation de caillot intra artériel).

Médicaments et infection au coronavirus

Les anti-hypertenseurs

On sait que le virus se fixe sur des récepteurs de l’Enzymze de Conversion de l’Angiotensine 2 (ECA2) des cellules pulmonaires.

Cette constatation a conduit à une certaine confusion avec une autre enzyme intervenant dans la régulation de la tension artérielle, l’ECA (ACE en anglais).

La découverte de cette ECA a été à l’origine de deux classes de médicaments très utilisés depuis 40 ans dans le domaine de l’hypertension, de l’insuffisance cardiaque, de l’infarctus ou du diabète. Il s’agit des IEC (Inhibiteurs de l’Enzyme de Conversion, médicaments dont le nom se termine en « pril » et des Sartans ou ARA2 (Antagonistes des Récepteurs de l’Angiotensine 2, dont le nom se termine par « sartan » (**).

La « confusion » entre l’ECA et ECA2 à conduit certains à se poser des questions sur d’éventuelles interaction avec les IEC et les Sartans (***) et à préconiser l’arrêt de ces deux familles d’anti-hypertenseurs. Cette position a été réfutée la semaine dernière par les sociétés savantes française et européenne d’hypertension qui considèrent, qu’en l’état actuel de nos connaissances, il serait dangereux d’interrompre ces traitements. (****).

L’aspirine et les anti-inflammatoires

Si l’aspirine à forte dose (prises de 500 voire 1000 mg) est déconseillée dans le traitement de la fièvre liée à l’infection virale (le paracétamol reste la molécule de référence), il n’en n’est pas de même pour les petites doses utilisées dans les pathologies cardiovasculaires (75 à 160 mg). Un tel arrêt pourrait en particulier favoriser la survenue ou la récidive d’un infarctus.

Les anti-inflammatoires sont déconseillés dans l’infection à coronavirus, mais ils le sont également chez les patients porteurs d’une pathologie cardiovasculaire ainsi que chez les insuffisants rénaux. Ils entraînent en effet une rétention d’eau et de sodium dans l’organisme et peuvent provoquer une insuffisance rénale sources de décompensation cardiaque et d’élévation de la tension artérielle.

 

(*) En anglais : Severe Acute Respiratory Syndrome d’où le nom de SARS-CoV-2 donné à ce virus. Le premier germe de cette famille, le SARS-CoV-1, avait été découvert lors d’une épidémie en 2002. La différence avec le nouveau virus, c’est que l’on peut en être porteur sans présenter de symptôme, mais en étant cependant contagieux, d’où les mesures de confinement prises pour enrayer la propagation de la maladie.

(**) Il s’agit des médicaments suivants (nom générique) :

  • les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) : Benazepril, Captopril, Cilazapril, Enalapril, Fosinopril, Imidapril, Lisinopril, Moexipril, Perindopril, Quinapril, Ramipril, Trandolapril, Zofenopril,
  • les Sartans : Candesartan, Eprosartan, Irbesartan, Losartan.

(***) Actuellement, il n’y a pas pas de preuves concernant ces interactions et ni les sartans ni les IEC n’agissent sur les récepteurs ECA2.

(****) Voir le communiqué de la Société Française d’hypertension artérielle du 18 mars : Communiqué de la Société Française d’Hypertension-18-3-2020