Bouger pour protéger son cœur : les messages de la conférence de la Semaine du Coeur

Les Dr David Ernst et Marie-Françoise Bragard

La conférence de la Semaine du Coeur faite par le Dr David Ernst le mercredi 23 septembre avait pour titre “Bouger pour protéger son cœur”.

Elle s’est articulée autour de 3 idées :

  • Comprendre le cœur, ce qu’il fait au repos et à l’effort.
  • Distinguer activité et sédentarité : deux risques différents, deux leviers.
  • Passer à l’action : des objectifs simples et réalistes.

1 – Comprendre le cœur

Le cœur est une pompe et un muscle. Il adapte en permanence son débit en fonction des besoins en oxygène de l’organisme, et en particulier ceux du cerveau et des muscles.

Cette adaptation dépend d’un ensemble d’organes : poumons, cœur, vaisseaux et, en bout de cette chaîne, même nos muscles vont s’adapter à l’effort.

La consommation maximale d’oxygène (VO² max) d’une personne, que l’on peut mesurer lors d’un test d’effort sur vélo ou tapis roulant, est en quelque sorte la “cylindrée” de la machine humaine.

Mais le fonctionnement de cette machine peut être altéré par différentes situations que les médecins nomment les facteurs de risque cardiovasculaire. Ces derniers sont de trois types.

  • Facteurs modifiables : hypertension artérielle, tabac, diabète et hyperglycémie, hypercholestérolémie, surpoids et obésité, stress, inactivité et sédentarité.
  • Facteurs non modifiables : âge et vieillissement hormonal, antécédents familiaux et génétique, sexe et situations biologiques particulières.
  • Autres facteurs : maladies inflammatoires chroniques, syndrome des ovaires polykystiques et insuffisance rénale chronique.

Mais, et ce sont deux bonnes nouvelles, :

  • certains comportent de leviers modifiables
  • et agir sur un seul levier est déjà bénéfique.

 

2 – Activité, sport et sédentarité

Faire de l’activité physique ce n’est pas forcément faire une activité sportive.

Activité, sport et sédentarité.

Définitions

  • Activité physique : tout mouvement qui dépense de l’énergie.
  • Sport : activité organisée avec des règles et des objectifs.
  • Sédentarité : temps éveillé assis ou allongé avec très faible dépense.

Un message important en terme de risque cardio-vasculaire : on peut être sportif et sédentaire ! Et, même chez les sportifs de haut niveau, la sédentarité peut peser sur la récupération et la condition physique.

Le paradoxe du sportif sédentaire

Des données contrastées

  • 31 % des adultes dans le monde n’atteignent pas le niveau d’activité physique recommandé l’Organisation Mondiale de la Santé.
  • 95 % des adultes en France sont exposés à un risque pour leur santé par manque d’activité ou excès de temps assis (ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, 2022).
  • La  capacité cardiovasculaire chez les collégiens a diminué de 25% en 40 ans : ils courraient un 800 m en 3 min en 1971 contre  4 min en 2013 (Fédération Française de Cardiologie).
  • En France, le manque d’activité physique est responsable de plus de 38 000 décès chaque année. La sédentarité prolongée est associée à environ 51 000 décès prématurés par an (ces deux données se chevauchent : elles ne doivent pas être additionnées).
  • La mortalité cardiovasculaire a baissé de plus de 40% pour les syndromes coronariens aigus (infarctus…) du fait de la baisse du tabagisme, des progrès des soins (SAMU, unités de soins intensifs…). Cependant, la sédentarité, l’obésité et le diabète sont en augmentation et de ce fait le nombre de cardiopathies/coronaropathies chroniques augmente et que les patients sont malades plus tôt et plus longtemps.
  • Le nombre de licences sportives a été multiplié par près de 9 entre 1950 et 2024 en raison de la démocratisation du sport, mais, à coté des sujets très actifs, près de 30% des personnes n’ont pratiqué aucune activité physique ou sportive en 2024.

Les recommandations hebdomadaires concernant l’activité physique pour un adulte :

  • 150 à 300 minutes d’activité modérée apportent un bénéfice cardiovasculaire,
  • 2 séances de renforcement musculaire de 15 minutes limitent les douleurs et les troubles musculosquelettiques,
  • pour les plus de 65 ans faire des exercices d’équilibre et de proprioception permettent de réduire les risques de chutes.

Les effets bénéfiques de l’activité physique sont multiples :

  • réduction des maladies cardiovasculaires,
  • prévention et réduction des troubles métaboliques,
  • renforcement des muscles et des os,
  • réduction de certains cancers,
  • amélioration et préservation des fonctions cérébrales.

Le bénéfice commence avant la performance et toute quantité d’activité physique vaut mieux qu’aucune et quelques dizaines de secondes, répétées dans la journée, peuvent déjà améliorer la capacité cardiorespiratoire.

Bénéfices de l’activité physique

 

3 – Passer à l’action : des objectifs simples et réalistes

Le meilleur médicament c’est la marche. Elle est biologique, sans ordonnance et gratuite !

Mais, s’il est possible de prescrire un traitement ou de développer une technologie, personne ne pourra jamais bouger à notre place.

Les solutions et conseils 

Lutter contre la sédentarité doit être un objectif quotidien : se lever de sa chaise et marcher quelques minutes, changer de posture, prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur.

Les solutions doivent être personnalisées :

  • choisir une activité appréciée,
  • fractionner en 5 à 10 minutes,
  • adapter l’activité (douleur, essoufflement…), se faire guider,
  • trouver un partenaire ou un groupe,
  • favoriser les gestes de la vie courante (marche, escaliers, exercices à la maison),
  • choisir un objectif utile,
  • commencer sous le seuil d’échec,
  • répéter avant d’intensifier
  • et suivre les progrès sans chercher la perfection.

Quand demander un avis médical ?

Avant de débuter ou d’intensifier son activité : maladie cardiovasculaire connue, symptômes à l’effort, maladie chronique instable, reprise après une longue période d’inactivité, doute sur une activité adaptée.

Quand arrêter et demander de l’aide ?

  • Douleur thoracique inhabituelle,
  • malaise ou perte de connaissance,
  • essoufflement brutal ou inhabituel,
  • palpitations persistantes avec malaise,
  • symptôme neurologique soudain.
4 – Les 3 messages à retenir

Bouger entraîne toute la chaîne cœur–poumons–muscles.

Être actif et réduire la sédentarité sont deux objectifs distincts.

Commencer petit et répéter vaut mieux que viser trop haut.

Une partie du public

Les photos sont de Guilaine Bedel et les autres illustrations sont extraites du diaporama du Dr David Ernst.

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Club Cœur et Santé de Saint-Dié