
Fontaine de la rue Déodat (source de la Chartreuse)
En cette année marquée par la sécheresse, la randonnée cycliste et les marches de la Semaine du Cœur du samedi 26 septembre et du dimanche 27 septembre 2026 avaient pour thème les fontaines et jets d’eau.
Mais les circuits ont uniquement été consacrés à ceux du centre de la ville.
De ce fait, ils ne sont passés ni par la Fontaine du cœur située en contrebas du col de la Crenée, ni par celles des quartiers villages ou celle de l’hôpital de Foucharupt. Et, même pour le centre ville, nous n’avons pas été exhaustifs.
Les numéros de l’article renvoient à la position des fontaines sur le plan ci-dessous.

Semaine du Coeur 2026 – Circuit vélo
1 – Fontaines Chapelle Saint-Déodat
Elles sont au nombre de trois : les deux fontaines Saint-Martin et celle alimentée par la source de la Chartreuse.

Fontaines Saint-Martin, rue Déodat
Les deux fontaines Saint-Martin sont situées sur le côté gauche de la rue Déodat, près de l’entrée de la chapelle Saint-Déodat. Comme indiqué sur le panneau près des deux sources, il s’agit du captage de deux sources ferrugineuses d’après les analyses du pharmacien Gabriel Renaud et du Professeur Nicolas, chimiste à l’université de Nancy, alertés par le Docteur Deybach en 1774).

Panneau explicatif près des fontaines Saint Martin
Devant l’intérêt thérapeutique des sources, le conseil de ville fit construire deux chambres couvertes en grès (pour les protéger des impuretés) et des abris pour les buveurs. Boisson et bains se sont poursuivis durant tout le 19ème siècle. Leurs eaux des deux fontaines qui étaient initialement séparées sont aujourd’hui mélangées. En 1835, soixante bourgeois demandèrent qu’elles soient reliées à une fontaine du Parc municipal. Cela fut refusé par le conseil municipal et l’établissement hydrothérapique périclita.

Fontaine de la rue Déodat (source de la Chartreuse)
En face, sur la droite de la rue Déodat, se trouve un double bassin (en béton pour celui de gauche et en grès pour l’autre). L’eau y arrive par une colonne d’alimentation en fonte sans inscription. Ces bassins datent de vers 1900 et sont alimentés par la source de la Chartreuse. Ils ont été remis en eau en 1993, en même temps que celui du quartier du Villé.
2 – Fontaine à l’angle des rues du Petit Saint-Dié et Erckmann-Chatrian

Fontaine rue du Petit Saint-Dié
Cette fontaine abritée comporte deux bassins en fonte fabriqués par la fonderie créée en 1866 et qui fonctionna jusqu’en 1962. De 1882 à 1897 elle a été dirigée par Louis Burlin, puis jusqu’en 1897 par Edouard dont la signature « E. Burlin » apparaît sur le coté des bassins non visible de la rue.

Signature E Burlin sur la fontaine de la rue du Petit Saint-Dié
3 – Fontaine au Triton
Elle était à l’origine installée dans le parc municipal, près du kiosque. Elle a été transférée face à la gare après la seconde guerre mondiale. La statue du triton est en fonte et a un socle à trois dauphins. Elle date de la seconde moitié du 19e siècle. Elle a été fabriquée par la fonderie Ducel.

Fontaine au triton
Démontée lors du réaménagement de la place Pierre Sémard en 2022-2023, elle devrait être installée prochainement sur un autre site.

Le parc municipal et la Fontaine au triton avec son jet d’eau (carte postale ancienne, Phototypie Daniel Delbor, Mirecourt)
4 – Place Saint Martin
Le bassin allongé situé entre les deux voies de circulation, en contrebas du parvis de l’église a été créé en 2004 lors du réaménagement de la place.

Bassin place Saint-Martin
5 – Jardin Simone Veil
Il a été inauguré le 1er juillet 2018, jour de l’entrée de Simone Veil, et de son époux Antoine, au Panthéon.

Jardin Simone Veil
6 – Deux jets d’eau dans la Meurthe
Un en aval et un en amont du pont de la République. Ils ont été inaugurés lors du FIG 2011. Leurs jets de 15 m de haut ont été mis en lumière en 1996. Seul le jet situé en aval du pont persiste.

Jet d’eau en aval du pont de la République photographié en 2013
6 – Les fontaines du Pont de la République
Au nombre de quatre (deux sur la rive droite et deux sur la rive gauche), elles portent le nom de quatre affluents de la Meurthe : la Fave, le Robache, le Taintroué et le ruisseau du Battant. Les deux du côté ville datent de 1822, une du côté Saint-Martin date de 1835, l’autre est beaucoup plus récente.

La fontaine du Taintroué près du pont de la République
7 – Cascade près de la banque de France
Elle a été créée pour la 17e édition du Festival International de Géographie en 2006 dont le thème était « Les géographes redécouvrent l’Amérique. C’est une évocation des chutes du Salto Angel au Venezuela.

Cascade de la banque de France en 2015
Un panneau explicatif est situé de l’autre côté de la Meurthe sur le quai Jeanne d’Arc.

Panneau explicatif sur la cascade devant l’ex-Banque de France
8 – Bassin de la Tour de la Liberté
Il a été construit aux pieds de la Tour de la Liberté en 1990.

Jet d’eau Tour de la Liberté
9 – Fontaine Stanislas, place du Point du Jour
Érigée par l’architecte Jean-Michel Carbonnar en 1771 en remerciement de l’aide du Duc de Lorraine pour la reconstruction de 125 maisons de la ville après l’incendie du 27 juillet 1757 comme l’indique la plaque apposée sur la colonne le 27 juillet 1807). Elle était située initialement sur la place Stanislas.

Fontaine Stanislas
Endommagée pendant la Révolution Française et alors remplacée par un arbre de la Liberté en 1793. , elle est réédifiée en fontaine en 1807 puis transférée sur la place du Point du Jour en 1907, à l’emplacement d’une fontaine-abreuvoir préexistante.

Médaillon de la Fontaine Stanislas
10 – Fontaine rue Thurin
Cette fontaine avec un bassin en fonte est installée en bas du bois de Gratin. Tout comme ceux de la fontaine de la rue du Petit Saint-Dié, ce bassin a été fabriqué par la fonderie Burlin.

Fontaine de la rue Thurin
Le bassin est signé “L Burlin à St-Dié”. Louis Burlin, fut le patron de la fonderie à partir de 1897. Ce texte est visible sur les deux côtés de la fontaine.

Fontaine de la rue Thurin – Signature L. Burlin
11 – Fontaine de la Meurthe, Place de la Rochatte
Érigée en 1825 en remplacement d’une ancienne fontaine circulaire sise devant la cathédrale, alors Place Royale.
Le piédestal, la colonne et la statue sont réalisés par Jean-Baptiste Glorieux, statuaire à Nancy pour 2900 francs et la construction du bassin est effectuée par Joseph Sivel, tailleur de pierre et entrepreneur à Saint-Dié pour 1000 francs.
La statue de pierre placée au sommet de la fontaine représente la Meurthe, sous les traits d’une femme marchant, seulement vêtue d’un filet de pêcheur. Ses cheveux ondulés sont noués en chignon d’où s’échappent deux mèches. Elle tient une cruche versant contre son coté droit. Derrière elle, se trouvent des branches de chêne et de sapin.
Cette représentation allégorique de la Meurthe, dénudée, fit scandale auprès du clergé.

La place des Vosges, la cathédrale et la fontaine de la Meurthe (carte postale ancienne, Imprimerie Weick)
La fontaine est déplacée en 1895, pour permettre l’édification d’une statue en l’honneur de Jules Ferry, déodatien et ancien président du sénat mort en fonction en 1893. La fontaine est alors établie à son emplacement actuel, devant l’hôpital, sur la place de la Rochotte. Elle a été nettoyée en 2015.

Fontaine de la Meurthe, place de la Rochatte
12 – Square Haxo (angle des rues d’Amérique et Souhait)
Petit bassin, qui aurait été construit après l’incendie de 1554, avec au centre trois dauphins.

Fontaine des dauphins, square Haxo
Le bassin et son entourage ont été réaménagés à l’occasion du FIG en 2009 dont le pays invité était l’Espagne. Comme le rappelle un panneau installé près de l’entrée du square du côté du tribunal des prud’hommes. C’est une évocation des jardins de l’Alhambra de Grenade.

Panneau explicatif près de la fontaine des dauphins au square Haxo
13 – Fontaine de la rue d’Amérique, près du Centre Communal d’Action Sociale
Elle date de la Renaissance, après l’incendie de 1554 et a été remontée après la guerre de 1939-1945 puis restaurée en 1996.

Fontaine de la rue d’Amérique
14 – Bassin du rond-point Albert Camus
Il a été créé en 1994.

Rond-point Albert Camus
15 – Rond-point des combattants d’AFN et TOE
Le bassin et sont jet d’eau ont été créés en même temps que le le rond point. Nous n’en avons pas retrouvé la date exacte. Une fontaine avec bassin a existé au pied des escaliers du cimetière de 1821 à 1897.

Le rond-point des AFN et TOE en 2005
16 – Jets d’eau de la Place du Général de Gaulle
Ils ont été créés lors de l’aménagement de cette place en 2000 avec un grand bassin circulaire central en granit et un petit bassin rectangulaire plat avec trois jets d’eau.

Le jet d’eau devant la cathédrale le 27 septembre 2026 à 16 h 30
17- Fontaine du Chapitre N°1
Sise place Mgr de Chaumont, près de la petite église, elle est adossée à un muret constituant l’enceinte du jardin de la Cathédrale et date du troisième quart du 16e siècle.

Fontaine du chapitre n°1
Elle a été classée monument historique le 20 septembre 1946.
18 – Fontaine du Chapitre N°2
Située comme la précédente place Mgr de Chaumont, cette fontaine du 18e siècle est adossée à un muret constituant l’enceinte du jardin de la Cathédrale entre deux escaliers. L’actuel bassin hémicirculaire a été rapporté. Il appartenait à la maison d’un chanoine de Saint-Dié disparue dans l’incendie de novembre 1944. C’est un des rares témoignages de l’ancien quartier canonial. Elle a peut-être été construite après l’incendie de 1554.

Fontaine du chapitre n°2
Elle était inclue dans l’aménagement du jardin de la maison de M. de Serre, grand Chantre de Saint-Dié, qui est visible sur un tableau anonyme peint vers 1778 et conservé au Musée Lorrain de Nancy.
Elle a été classée monument historique le 2 décembre 1948.

La cathédrale, le cloître, la petite église, la fontaine du chapitre n°2 entourée de ses escaliers et le jardin de la maison de M. de Serre, grand Chantre de Saint-Dié, (tableau anonyme peint vers 1778)
Cet article qui ne se veut pas exhaustif a bénéficié, entre autres, d’informations obtenues sur le site de L’Inventaire général du Patrimoine culturel Grand Est sur les fontaines les plus anciennes. L’auteur remercie également les déodatiens Arnaud Cossin, Jean-Claude Fombaron, Michel Pierrot, Patrick Zanchetta et Julien Wagner.
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