Médicaments et alimentation

Photo d'un panier de fruits, légumes et pâtes

Le rôle de l’alimentation joue dans la prévention ou la survenue des maladies cardiovasculaires est bien connu du public, en particulier l’importance de consommer des fruits, des légumes et certaines graisses.  Mais il est un point moins bien connu, ce sont les interférences entre certains aliments et la prise de médicaments.

Les aliments riches en vitamine K

Ils peuvent interférer en avec les anticoagulants appartenant à la familles des anti-vitamine K (AVK : Coumadine, Préviscan ou Sintrom).
On distingue les aliments en fonction de leur teneur en vitamine K.
  • Produits à forte teneur en Vitamine K1 (100 à 1000 µg/100 g) : pissenlits crus, épinards cuits, huile de soja, bettes cuites, chicorée frisée, épinards crus, cresson, brocolis, cuits, choux de Bruxelles cuits, laitue crue, thym*, persil*, basilic frais*. (*) en pratique les herbes aromatiques ne sont consommées en très faible quantités.
  • Teneur moyenne en vitamine K1 (10 à 100 µg/100 g) : Chou rouge cuit, cru, huile de colza, céleri rave cru, asperges cuites, chou blanc cru, pruneau, fois de génisse, petits pois en conserves, huile d’olive, poireau cru, asperges en boite.
  • aliments contenant de la vitamine K2 (5 à 50 µg/100 g) : édam, jaune d’œuf, beurre, salami, foie de génisse, steak haché, crème fraîche, emmental, chou de choucroute.
Selon certaines études chez des sujets sains anti-coagulés de façon stable par un AVK et recevant
une faible dose de vitamine K1 (100 à 200 µg/jour), il a été montré qu’il n’y avait pas de modification de l’INR (examen qui permet d’adapter la dose des AVK.
En pratique : pas d’interdiction mais il est conseillé d’avoir un apport régulier en légumes
verts de façon à avoir un apport habituel de vitamine K en évitant simplement les apports excessifs.
Ces interactions ne concernent pas les « nouveaux » anticoagulants : Pradaxa, Xarelto et Eliquis.

Autres aliments interférant avec  les AVK

  • augmentation de l’INR (risque de surdosage, donc d’hémorragie) : ginseng, ginko biloba, serenao repens, cranberry, compléments alimentaires, oméga 3 à base d’huiles de poisson.
  • augmentation de l’INR (risque de sous dosage, donc de formication de caillot) : thé vert, millepertuis (voir ci dessous)
Photo de millepertuis

Millepertuis

Le millepertuis

Cette plante utilisée contre l’anxiété est en vente libre en pharmacie et parapharmacie. Il accélérerait l’élimination de certains médicaments.

Le jus de pamplemousse

Il contient des furanocoumarines, composés chimiques qui inhibent certaines fonctions du foie, et notamment sa capacité à éliminer certains médicaments.
Il entre ainsi en interaction avec plus de 50 médicaments, core certaines pilules contraceptives. Les risques ? Des surdosages et des effets indésirables plus importants

Il peut augmenter de façon importante l’absorption du médicament dans l’organisme. Deux classes de médicaments sont particulièrement concernées :

  • certains médicaments cardiovasculaires : ceux utilisés pour faire baisser le taux de cholestérol dans le sang : la simvastatine, et dans une moindre mesure, l’atorvastatine. Un jus de pamplemousse pris en même temps que la simvastatine peut multiplier par 15 l’absorption du médicament et provoquer des atteintes musculaires graves ;
  • certaines pilules contraceptives ;
  • les immunosuppresseurs préconisés contre les rejets de greffes (tacrolimus, ciclosporine…). Une prise concomitante avec un jus de pamplemousse, de façon régulière, peut endommager le rein.

Il est conseillé d’éviter de prendre un jus de pamplemousse dans les deux heures qui précèdent la prise de ces médicaments, et de limiter la consommation à moins d’un quart de litre par jour.

En revanche, le jus de pomme et d’orange ne provoquent pas d’interactions connues.

Photo de Pamplemousse

Pamplemousse

L’alcool 

L’alcool doit être évité avec tous les médicaments qui réduisent la vigilance (tranquillisants, analgésiques ou antitussifs à base de codéine ou de tramadol, neuroleptiques, certains antidépresseurs, et certains médicaments antiallergiques. L’alcool associé à ces médicaments peut provoquer une somnolence et réduire les réflexes avec possibles conséquences dramatiques en cas de conduite automobile ou d’utilisation de machines.

La consommation d’alcool avec les anti-inflammatoires (type ibuprofène) ou l’aspirine peut être à l’origine de brûlures d’estomac ou de reflux acides.

Les agrumes

Citron, pamplemousse, orange, par ordre décroissant d’acidité, doivent être évités avec les anti-inflammatoires ou l’aspirine, sous peine de majorer voire de déclencher des brûlures d’estomac ou des reflux acides.

Il est conseillé de prendre les anti-inflammatoires au milieu du repas, pour limiter ces effets.

La caféine 

Il faut éviter de consommer de la caféine lors d’un traitement contenant certains antibiotiques comme l’énoxacine, la ciprofloxacine et la norfloxacine, ainsi qu’avec la théophylline, un anti-asthmatique qui a les mêmes effets que la caféine.

Ces antibiotiques gênent l’élimination de la caféine et peuvent donc conduire à un surdosage en caféine, ou à une addition d’effets indésirables, pour la théophylline, avec une excitation, des palpitations, des tremblements, des sueurs voire des hallucinations.

photo d'une boite de cachou

Cachou à la réglisse

La réglisse 

Elle est à l’origine d’une augmentation de la pression artérielle. Il convient de limiter, ou mieux, d’abandonner la consommation de réglisse (bonbon ou boisson anisée sans alcool) en cas d’hypertension.

En pratique

Il faut toujours lire attentivement la notice des médicaments.

En cas de doute, demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

 

 

 

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Club Cœur et Santé de Saint-Dié