Aucune corrélation entre la prise de caféine et les arythmies cardiaques

 

Tasse de café

Il est habituel de dire que la consommation de café entraîne des palpitations, voire des anomalies du rythme cardiaque et l’on recommande la limitation de la consommation de cette boisson chez les patients à risque d’arythmies cardiaque.

Cependant l’équipe de Priscilla Zuchinali du service de cardiologie de l’hôpital universitaire de Clínicas à Porto Alegre au Brésil a réalisé une étude qui ne montre aucune corrélation entre une prise aiguë de caféine et arythmie cardiaque, tant au repos qu’à l’effort.

Cette étude publiée dans la prestigieuse revue médicale américaine JAMA, a été réalisée chez 51 personnes insuffisantes cardiaques à haut risque d’arythmie ventriculaire (et, pour les 25 premières, porteuses d’un défibrillateur cardiaque implantable) et recevant un traitement conventionnel.

Elle a comparé chez ces volontaires les effets d’une forte dose de caféine versus un placebo (personnes ne recevant donc pas caféine) sur la survenue d’extrasystoles ventriculaires (ESV) ou supra-ventriculaires (ESSV), tant au repos qu’à l’effort.

Les personnes recevaient sur une période de 5 heures 5 tasses cafés de 100 ml avec à chaque fois prise d’une dose de 100 mg caféine (soit un total de 500 mg de caféine) ou de lactose pour le groupe placebo). Elles bénéficiaient d’une surveillance continue de leur électrocardiogramme et une heure après la dernière prise elles effectuaient un test d’effort sur tapis roulant.

Il n’a pas été constaté de différence significative entre les groupes dans la survenue d’ESV et ESSV isolées, tant au repos qu’à l’effort.

Par contre, on relève une augmentation de la pression artérielle systolique et diastolique plus marquée sous caféine.

On ne note pas davantage d’extrasystoles dans le sous-groupe avec le taux sanguin de caféine le plus élevée par rapport au sous-groupe dont le taux est le plus faible ou à celui des personnes recevant un placebo.

Les limites de cette étude

Il s’agit d’une étude après une prise « aiguë » de caféine, mais il n’y a pas eu d’étude sur les effets de la consommation chronique de caféine.

Cependant, les auteurs concluent qu’il n’y a pas de raison, au vu de la littérature et de leur étude, d’interdire une consommation modérée de café aux patients à haut risque arythmique. Et,à fortiori, il n’y pas non plus de raison de le faire pour les autres personnes.

Source : Zuchinali P et al. JAMA Intern Med 2016.
Lire aussi notre article sur le café publié le 20 juillet : https://coeuretsante.deodatie.fr/2018/07/20/alimentation-les-bienfaits-du-cafe/

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