Archive - mars 2018

Sport sur ordonnance. Etat des lieux un an après le décret du 30 décembre 2016

Photo de la séance de gymnastique

Une séance de gymnastique avec le Club Cœur et Santé.

Le 30 décembre 2016 était publié un décret sur  la prescription d’activités physiques à des fins thérapeutiques ( ou « Sport sur ordonnance » destinée aux personne atteintes d’une affection de longue durée (ALD).

Nous y avions consacré un article en janvier 2017. Un des points souligné à l’époque était l’absence de financement de ce dispositif.

Activité Physique Adaptée sur ordonnance : décret du 30 décembre 2016

Un an plus tard, une mission parlementaire a fait le point sur sur l’application de ce décret. et à côté du problème de financement, d’autres difficultés ont été soulignées.

Le rapporteur de la « mission flash » Belkhir Belhaddad, député LREM de la 1re circonscription de Moselle, en charge du sport à la mairie de Metz, et vice-président de l’Association nationale des élus en charge du sport (ANDES), a présenté ses conclussions devant la commission des affaires sociales.

Le rapporteur note que la prescription était plus simple avant le décret« si le dispositif législatif fait l’objet d’une large approbation (…), on ne peut pas en dire autant du dispositif réglementaire. Les médecins strasbourgeois qui prescrivent des activités physiques adaptées depuis 2012 ont estimé que la prescription était plus simple avant l’édiction du décret ».

Les difficultés observées concernent en particulier l’absence d’indicateurs concernant l’évaluation du nouveau dispositif et la formation des intervenants spécialisés, éducateurs sportifs mais surtout médecins.

Sensibiliser les médecins traitants, seuls à pouvoir prescrire des activités physiques, mais les médecins hospitaliers ne peuvent pas le faire : « Une campagne de sensibilisation spécifique doit absolument être menée auprès des médecins car tous ne sont pas convaincus de l’opportunité d’utiliser l’APA dans leur stratégie de soins ». « En outre, beaucoup de médecins ne savent pas très bien quoi prescrire à qui et rechignent à suivre une formation post-universitaire spécifique. » La Haute Autorité de santé (HAS) devrait formuler, au deuxième trimestre 2018, des recommandations ciblées, pathologie par pathologie, ainsi que des référentiels d’évaluation.

Financement non prévu« L’un des défauts majeurs du décret du 30 décembre 2016 tient à ce qu’il n’a rien prévu en matière de financement », s’inquiète le rapporteur. Il souligne ainsi que la consultation pour prescription d’APA est chronophage, mais ne bénéficie d’aucune prise en charge spécifique. « Sans aller jusqu’à un codage de cet acte, on pourrait à tout le moins imaginer qu’il soit pris en compte au titre de la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) », envisage-t-il.

D’après un article du Quotidien du Médecin qui a fait le point récemment sur ce sujet.

La vidéo de l’audition du rapporteur à l’Assemblée Nationale : http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5481792_5a7183130982f.commission-des-affaires-sociales–conclusions-de-la-mission-sport-sur-ordonnance-31-janvier-2018.

La grippe augmente le risque d’infarctus du myocarde

Image du Virus de la grippe

Virus de la grippe (source : pourquoidocteur.fr)

On sait que les maladies cardiovasculaires sont plus fréquentes en hiver (voir article de janvier 2017).

Événements cardiaques et météo

Une récente étude parue dans la prestigieuse revue américaine, le New England Journal of Medicine, rapporte que l’infection par le virus de la grippe multiplie par 6 le risque d’infarctus du myocarde dans la semaine qui suit l’épisode viral. Ce risque varie selon les souches de virus et il est maxima avec Influenza B (multiplié par 10).

Selon le site « Coeur.net » , « il existe bel et bien un lien entre infection respiratoire, en particulier par influenza [famille des virus reponsasbles de la grippe], et le risque de survenue d’un infarctus du myocarde.

L’association avait déjà été pointée du doigt au cours de précédents travaux, mais le niveau de preuve était faible avec des biais possibles.

Cette fois une équipe a exploré ce lien en incluant des sujets hospitalisés pour un infarctus du myocarde ayant développé une infection respiratoire et chez qui l’infection par influenza était confirmée en laboratoire. L’association était présumée en cas de délai de sept jours entre l’hospitalisation et le diagnostic positif. Les résultats ont été comparés avec un intervalle contrôle d’un an avant et après la période d’association présumée.
Les auteurs ont finalement repéré 364 cas d’hospitalisations pour un infarctus du myocarde survenu un an avant ou après un diagnostic positif à influenza. Parmi eux, 20 sont survenus au cours de la fameuse fenêtre de sept jours (20,0 admissions par semaine) et 344 sont survenus au cours de la période contrôle (3,3 admissions par semaine).

Le risque de faire un infarctus dans les sept jours suivant un diagnostic positif à influenza était ainsi 6,05 fois plus élevé (95% IC, 3.86 – 9.50) que le fait d’en faire un dans l’année précédant ou suivant cet épisode infectieux.

Concrètement, le risque était multiplié par 10,11 (95% IC, 4.37 – 23.38) pour influenza B, 5.17 (95% IC, 3.02 – 8.84) pour influenza A, 3,51 (95% IC, 1.11 – 11.12) pour le virus respiratoire syncytial et 2,77 (95% IC, 1.23 – 6.24) pour les autres virus. Par contre le risque n’était plus augmenté après ce délai d’une semaine ».

Voila donc un argument supplémentaire pour prendre des précautions en cas d’épidémie et surtout pour se faire vacciner contre la grippe.

Référence : Jeffrey C. Kwong et al. Acute Myocardial Infarction after Laboratory-Confirmed Influenza Infection. N Engl J Med 2018; 378:345-353.

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