Les chiffres du tabagisme

Dessin d'une cigarette écrasée

Dans le cadre de « Moi(s) sans tabac », le Club Cœur et Santé de Saint-Dié vous propose une série d’articles.

Celui de ce jour est consacré au chiffres du tabagisme.

1 million de fumeurs en moins en 2017

Le tabac est la première cause de mortalité évitable avec 73 000 décès attribuables au tabac en 2013 et un coût social estimé à 120 milliards d’euros en 2010 en France.1

Une baisse historique du nombre de fumeurs

En 2017, 31,9% des personnes de 18-75 ans interrogées ont déclaré qu’elles fumaient au moins occasionnellement et 26,9% quotidiennement. C’est une baisse de respectivement 3,2 et 2,5 points par rapport à 2016.1

En 2017, les ex-fumeurs représentaient quant à eux 31,1% des 18-75 ans (34,7% des hommes et 27,7% des femmes) et les personnes n’ayant jamais fumé 37,1% (30,2% des hommes et 43,6% des femmes).1 La part des personnes n’ayant jamais fumé était quant à elle en augmentation (de 34,3% à 37,1%). Enfin, la part d’ex-fumeurs était stable par rapport à 2016.1

La quantité de tabac fumé

En 2017, les fumeurs quotidiens consommaient en moyenne 13,3 cigarettes (ou équivalent) par jour, les hommes 14,2 et les femmes 12,2. Cette quantité apparaît en très légère baisse par rapport au niveau de consommation de 2010. 1

Les tentatives d’arrêts de fumer

Parmi les fumeurs quotidiens, 26,3% avaient fait une tentative d’arrêt d’au moins une semaine dans l’année, proportion en hausse par rapport à 2016 (24,0%).1

Des disparités régionales importantes

Par ailleurs, les données du Baromètre santé 2017, soulignent de fortes disparités régionales : l’Ile-de-France et les Pays-de Loire sont les régions où l’on fume le moins en 2017 avec des prévalences respectives de 21,3% et de 23%. A l’inverse, dans quatre régions les prévalences étaient plus élevées que dans le reste de la métropole : PACA (32,1%), Hauts-de-France (30,5%), Occitanie (30,3%) et Grand Est (30,1%).2

La fin de la disparité liée aux revenus

Autre fait marquant, le tabagisme quotidien diminue également chez les fumeurs les plus défavorisés : passant de 39% en 2016 à 34% en 2017 parmi les personnes à bas revenus et de 50% à 44% parmi les personnes au chômage.2 En conséquence, pour la première fois depuis le début des années 2000, les inégalités sociales en matière de tabagisme cessent de croître. C’est l’un des objectifs du Programme National de Réduction du Tabagisme initié en 2014.1

Le tabac à l’adolescence

En 2017, 6 adolescents de 17 ans sur 10 (59,0%) ont déclaré avoir déjà fumé au moins une cigarette au cours de leur vie. Ce niveau est en nette baisse par rapport à 2014 et largement en deçà de celui mesuré au début des années 2000 (77,6%). De même, le tabagisme quotidien se révèle en très nette diminution, avec 1 jeune adolescent sur 4 (25,1%) concerné. L’usage de la chicha suit la même tendance, 1 jeune sur 2 (49,9%) l’ayant déjà expérimentée en 2017. Dans ce contexte de moindre consommation, une part importante des jeunes déclarent à 17 ans encore être exposée à la fumée de tabac, 24,0% à la maison et 62,9% devant leur établissement scolaire. Par ailleurs, malgré l’interdiction de vente aux mineurs, les adolescents n’ont aucune difficulté à acheter leurs cigarettes chez un buraliste, 94,5% des fumeurs quotidiens le faisant régulièrement. La très grande majorité de ceux qui en ont acheté déclarent n’avoir en outre jamais eu besoin de justifier de leur âge (68,4%).1
L’adolescence reste la période privilégiée de l’initiation au tabac, et la fin de l’adolescence celle des premières consommations régulières. La lutte contre le tabagisme des jeunes est donc un enjeu majeur de santé publique toujours très actuel en France. Les dernières enquêtes scolaires HBSC (Health Behaviour in School-aged Children), réalisée en 2014 parmi les collégiens, et Espad (European School survey Project on Alcohol and other Drugs), effectuée en 2015 auprès des lycéens, avaient montré une baisse marquée des consommations de tabac, même si la France se maintenait dans le premier tiers des pays européens du point de vue de l’usage quotidien de tabac à 16 ans.1

Ainsi, entre 2011 et 2015, en population lycéenne, l’expérimentation et l’usage quotidien étaient en recul respectivement de 7 points et de 8 points. L’enquête Escapad 2017 confirme cette tendance avec, en 2017, les plus faibles niveaux d’usage jamais observés depuis 2000. Le recul du tabagisme chez les adolescents est un phénomène aussi observé au niveau européen. Cela pourrait signifier un processus de dénormalisation du tabac.
Les adolescents interrogés dans cette dernière enquête, majoritairement nés en 1999, appartiennent à une génération qui avait entre 9 et 10 ans au moment de la loi HPST en 2009 qui a étendu l’interdiction de vente de tabac à l’ensemble des mineurs. Ils ont donc vécu leur période d’adolescence dans un contexte où l’interdiction pouvait sembler normale, contrairement à leurs aînés ayant connu un contexte plus permissif. Les représentations semblent également de plus en plus négatives dans les nouvelles générations.1

Sources : Fédération Française de cardiologie.

1 : http://invs.santepubliquefrance.fr/Publications-et-outils/BEH-Bulletin-epidemiologique-hebdomadaire/Archives/2018/BEH-n-14-15-2018

2 : http://www.santepubliquefrance.fr/Accueil-Presse/Tous-les-communiques/31-mai-baisse-historique-du-tabagisme-en-France

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